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Le journal d'Ukraine

sélection des infos du Net par Smily France-Ukraine

11 décembre 2006

Europe

Oui, l’Ukraine est européenne!

La première réunion du Conseil Présidentiel Ukraine – Lituanie, suivie d’une visite officielle du Président lituanien, a eu lieu du 14 au 16 Novembre 2006 à Kiev, au palais Mariinsky. Ce fut l’occasion pour les deux Présidents de renforcer les liens politiques, économiques et humanitaires tissés depuis 15 ans entre les deux pays.

Le Président ukrainien, Victor Yushchenko a souligné que la stabilité du partenariat était basée sur un désir commun de construire une Europe libre et stable. De son côté, le Président lituanien, Valdas Adamkus a réaffirmé le soutien de la Lituanie aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine. Cette rencontre est pour moi l’opportunité d’affirmer, contrairement à certaines assertions en vogue, la légitimité de l’Ukraine à vouloir adhérer à l’Union Européenne. En effet, beaucoup de politiciens français ont tendance à mettre dans le même sac l’Ukraine (ainsi que le Belarus et la Moldavie) et la Turquie. Pire : on glose à l’envi sur la candidature turque, mais on rejette négligemment, souvent par le mépris, toute demande ukrainienne. On ne lui reconnaît même pas « sa vocation à adhérer à l’Union » que l’on a reconnue à l’Albanie, à la Bosnie-Herzégovine et à la Serbie !

Rappelons d’abord quelques évidences. L’article 237 du traité de Rome, puis l’article 49 du traité de Maastricht stipulent que « tout Etat européen peut demander à devenir membre (…) ». S’il n’est pas difficile de montrer qu’à 97 % le territoire de la Turquie n’est pas en Europe, il serait pour le moins stupide de l’affirmer de celui de l’Ukraine !


J’insisterai au passage sur un point de l’histoire, celle-ci expliquant souvent la situation géopolitique contemporaine. Du XIVème au XVIIIème siècle, la totalité du Belarus et la partie occidentale de l’Ukraine faisaient partie de la République polono-lituanienne (Lenkijos ir Lietuvos valstybė). Lors de la « Révolution orange », ce sont les Présidents polonais et lituaniens qui, grâce à leurs bons offices, et mus par cette union passée, ont facilité le dénouement de la crise. Il y a indubitablement une communauté de culture et d’esprit entre ces trois pays et, à terme, avec le Belarus. Voudrait-on l’effacer d’un trait de plume arbitraire ?    

Le Conseil européen de Copenhague, en 1993, a défini des critères auxquels les pays candidats doivent satisfaire :

· Critère politique : présence d’institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection ;

· Critère économique : existence d’une économie de marché viable ;

· Critère de la reprise de l’acquis communautaire.

L’Ukraine, par la voix de son Président, Viktor Yushchenko, a déclaré qu’elle était candidate à l’adhésion à l’Union en 2005, mais elle n’a pas encore déposé une demande formelle. Mais, sans attendre, le Commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, freine cette démarche, qu’il juge prématurée ! Au nom de quoi ? Sans doute, une fois de plus, pour des raisons stratégiques vis-à-vis de la Russie. Ou bien par peur que l’UE n’apparaisse comme un club chrétien ? Ou encore par un tropisme pro-turc hérité des études supérieures du Commissaire effectuées aux Etats-Unis ? Car, pour comparer avec un pays que je connais bien pour y avoir séjourné 20 mois, pourquoi ne trouve-t-il pas prématurée la candidature de la Bosnie-Herzégovine qui, de facto, n’est même pas un Etat ?!   


Il est proprement honteux de ranger l’Ukraine dans le même sac des pays dits du « nouveau voisinage », définis lors du Conseil européen de Décembre 2002, qui n’ont actuellement aucune perspective d’adhésion, où l’on trouve, outre l’Ukraine, le Belarus et la Moldavie, la Russie et les pays du sud méditerranéen. Il faut laisser le temps à l’Ukraine, à la Moldavie et au Belarus (notamment pour ce dernier pays de se défaire de Lukashenko) d’atteindre les critères de Copenhague, mais il faut leur dire clairement qu’ils ont vocation à entrer dans l’Union, ce qui ne pourra, en outre, que favoriser leurs réformes.

Laissons le mot de la fin au Président Valdas Adamkus à Kiev le 14 Novembre: « La Lituanie a toujours soutenu et soutiendra toujours les objectifs de l’Ukraine d’elle aussi emprunter cette voie de la modernisation, de la stabilité économique et de l’intégration européenne. » Puisse la Lituanie ne pas rester seule dans cette entreprise !

Source : http://www.newropeans-magazine.org

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15 mai 2006

frontières

La France renonce au débat sur les frontières de l'Europe

A un mois du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, la France expose, dans un document remis aux Vingt-Cinq, ses vues sur l'élargissement.

Le débat sur les frontières de l'Europe n'aura pas lieu cette année. Un an après le non français à la Constitution, la France renonce à imposer ce sujet au Conseil européen de juin. «C'est un problème sans solution, donc un débat inutile, explique un diplomate français à Bruxelles. Pour éviter le sentiment de fuite en avant incontrôlée, nous devons plutôt mettre en valeur le pilotage politique du processus.» Dans un document de travail daté du 12 mai 2006, qui sera présenté aujourd'hui aux ministres des Affaires étrangères de l'Union, la France expose ses vues sur l'élargissement à un mois du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Les premières lignes sont élogieuses. «L'élargissement est une chance historique pour l'Europe, qui contribue à assurer la paix, la sécurité, la stabilité et la démocratie», indique le texte, rappelant que l'entrée de dix nouveaux pays le 1er mai 2004 fut «une réussite remarquable». Le document insiste également sur la nécessité de «respecter les engagements pris» par le Conseil européen vis-à-vis des pays candidats, sans nommer les Balkans et la Turquie.

Ce document a été accueilli avec soulagement par les Britanniques et les pays de l'Est, qui redoutaient un pamphlet anti-élargissement reflétant la mauvaise humeur du moment. Sur le fond, ils sont rassurés : le texte français s'inscrit dans la continuité de la politique extérieure voulue par Jacques Chirac, depuis longtemps favorable à l'extension de l'UE y compris à la Turquie. Les bémols français, apparus après le non au référendum, tournent autour de «la capacité d'assimilation de l'Union», un concept vague, remis à la mode par la France et l'Autriche en 2005. «La capacité d'assimilation de l'UE revêt plusieurs dimensions : démocratique, institutionnelle, politique et financière», précise le texte. Mieux définie, la capacité d'absorption devra être évaluée par la Commission «à chaque fois qu'est envisagée une nouvelle étape du processus d'élargissement».

Choix politique et stratégique

Cette nouvelle condition sera imposée à la Macédoine et à la Turquie, deux pays candidats qui seront soumis, en outre, à l'obligation constitutionnelle de référendum pour la ratification en France. Malgré cet obstacle français, de taille, les frontières de l'Union restent ouvertes. La géographie n'est pas un critère d'adhésion. L'élargissement demeure avant tout un choix politique et stratégique, soumis au respect de critères techniques évalués par la Commission. Les défenseurs du débat sur les frontières voulaient que le Conseil européen dresse une liste de pays susceptibles d'entrer dans l'Union, afin de montrer du doigt ceux qui n'auront jamais la chance d'en faire partie. Ils n'ont pas été suivis. Hormis la Croatie et la Turquie, qui ont déjà commencé leurs négociations avec Bruxelles, et la Macédoine, qui a vu son statut de pays candidat reconnu en décembre 2005, plusieurs pays candidats à la candidature, comme l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie peuvent toujours tenter leur chance. 

Source: http://www.lefigaro.fr

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05 mai 2006

nouveau statut

Kiev espère devenir membre associé de l'Union européenne et adhérer à l'OTAN

L'Ukraine espère obtenir le statut de membre associé de l'Union européenne et adhérer à l'OTAN, a déclaré jeudi le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, lors d'une conférence internationale à Vilnius.

"L'accord européen d'association, appelé à créer les prémisses d'une intégration progressive de l'Ukraine à l'Union européenne, est la forme qui convient le plus au nouveau document réglementant la coopération Ukraine-UE", a indiqué M. Iouchtchenko, cité par l'agence UNIAN. Le respect par Kiev des normes politiques ainsi qu'un progrès considérable dans la mise en oeuvre du Plan d'action Ukraine-UE ont "ouvert la voie à la conclusion d'un nouvel accord avec l'Union européenne afin de créer une base pour les relations bilatérales dans une perspective à long terme", a ajouté le président.

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La création d'une zone de libre-échange entre l'Ukraine et l'UE est à l'ordre du jour du dialogue bilatéral, a-t-il en outre indiqué, avant de souligner que l'adhésion ukrainienne à l'OTAN était une priorité stratégique de la politique nationale. La politique d'intégration euro-atlantique a pour objectif de renforcer la sécurité nationale et de faire entrer l'Ukraine dans la communauté des Etats les plus industrialisés qui professent les mêmes valeurs démocratiques, a-t-il conclu.

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13 avril 2006

affaires étrangères ukrainiennes

L’Ukraine n’est le jouet d’aucune politique, ni de l’UE, ni de la Russie

Le simple fait d’évoquer des tentatives d’obliger l’Ukraine à choisir entre l’Union européenne (UE) et la Russie est une provocation pure et simple, a estimé vendredi à Kiev le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Boris Tarassiouk." A cette occasion, je tiens à souligner une fois de plus que l’Ukraine a choisi elle-même la voie du développement démocratique, celle de l’intégration européenne et euroatlantique, et ce choix a été approuvé par le parlement ukrainien. Aussi, toutes les conversations sur un tel choix ne relèvent-elles que de la provocation à l’état pur. Notre choix a été fait une fois pour toutes", a déclaré le chef de la diplomatie ukrainienne, rapporte l’agence d’information UNIAN.

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L’Ukraine n’est le jouet d’aucune politique, ni de l’Union européenne, ni de la Fédération de Russie, et elle est tout à fait capable de décider en toute indépendance de la manière de repenser sa propre politique extérieure, a fait remarquer Boris Tarassiouk. "C’est pourquoi, avant de faire ce genre de commentaires, on aurait dû sans doute demander tout d’abord à l’Ukraine elle-même quel est son choix", a poursuivi le chef de la diplomatie ukrainienne.

Dans le même temps, a indiqué le ministre ukrainien des Affaires étrangères, tout comme l’Union européenne, l’Ukraine intervient en faveur d’une coopération énergique avec la Russie et pour que cette dernière devienne un partenaire démocratique et prévisible, car cela correspond incontestablement aux intérêts nationaux de l’Ukraine. Et d’ajouter que dans ce contexte, le développement de relations d’égal à égal avec la Fédération de Russie à des conditions réciproquement avantageuses a été et restera l’une des grandes priorités de la politique extérieure de l’Ukraine.

Le 5 avril dernier, au cours de sa visite en Slovaquie, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait noté que l’on entendait parfois depuis bien des capitales européennes des voix estimant que l’Ukraine devrait faire son choix, décider si elle est avec la Russie ou avec l’Europe. "Ce n’est qu’une provocation qui ne reflète aucunement les intérêts fondamentaux de l’UE qui coïncident d’ailleurs avec les intérêts de la Russie et consistent notamment à ce que l’Ukraine devienne un Etat démocratique stable", avait indiqué le chef de la diplomatie russe. Les intérêts de l’UE et de la Russie concernant l’Ukraine "coïncident absolument", avait ajouté Sergueï Lavrov. Tant la Russie que l’Union européenne tiennent à ce que l’Ukraine soit un Etat démocratique stable qui participe énergiquement à la coopération internationale que ce soit en Europe ou dans le monde.

Source : http://www.armees.com

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adhésion

Adhésion de l’Ukraine à l’OTAN : la Pologne promet des "décisions concrètes" d’ici deux ans

Le président polonais Lech Kaczynski a estimé mardi que "des décisions concrètes" sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) devaient être prises dans les deux prochaines années.

"Il est fort probable que des décisions concrètes concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN soient adoptées d’ici deux ans", a-t-il déclaré, cité par la chancellerie de la présidence polonaise, en recevant à Varsovie le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Boris Tarassiouk. Lech Kaczynski a rencontré le chef de la diplomatie ukrainienne pour aborder les dossiers actuels de la politique régionale et s’informer, entre autres, des négociations en cours sur la formation d’un gouvernement de coalition à l’issue des législatives du 26 mars dernier. Il a indiqué que Varsovie était prêt à coopérer avec le nouveau gouvernement et à approfondir le partenariat stratégique russo-polonais. La Pologne continuera de soutenir activement l’Ukraine sur le chemin de l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN, a relevé le leader polonais.

Lech Kaczynski et Boris Tarassiouk n’ont pas manqué d’aborder la situation des droits de l’homme en Biélorussie.

Source: http://www.armees.com

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07 avril 2006

vers la grande europe

de l'Atlantique à l'Oural

Appel à réveiller l'Europe

L'Ukraine aujourd'hui se retrouve dans une drôle de position: ni à l'Est, ni à l'Ouest. Le résultat des élections législatives du 26 mars semblent avoir confirmé la politique d'ouverture née de la révolution orange. La sopciété civile ukrainienne a pris sa destinée en main. Même divisés, les principaux acteurs de la révolution d'il y a un an peuvent prétendre à garder le contrôle du pays face à des adversaires pro-russes ayant pourtant réalisé les meilleurs scores individuellement. Une alliance Timochenko, Iouchtechenko et socialistes leur procurerait la majorité absolue au parlement. Les désillusions de nombre de citoyens ukrainiens de ces derniers mois ne sont donc pas suffisantes pour les pousser à se réfugier dans les bras du voisin moscovite. L'histoire est en marche et rien en semble devoir désormais entraver l'émergence d'une nouvelle voie dans cette partie du monde, logée dans un espace qu'il reste à créer entre Bruxelles et Moscou. Le prochain gouvernement aura à défricher une partition tout à fait inédite sur la scène internationale et l'on peut compter sur la pugnacité de Ioulia Timochenko pour revendiquer une identité propre. Avec toutes ses disparités et ses contrastes, la nation ukrainienne va maintenant en finir avec son apprentissage accéléré de l'histoire du XXe siècle et - malgré la profonde casse que cette transition engendre dans tout le pays - inciter l'Europe à se propulser enfin dans le XXIe siècle en bousculant l'organisation moribonde du continent.

Cela a été dit haut et fort, comme pour mieux se bercer dans l'illusion d'un choix courageux et raisonnable. L'Union européenne n'est pas prête à tracer une feuille de route à l'Ukraine et préparer son adhésion. C'est déplorable à plusieurs titres. D'abord parce que les élites de Bruxelles n'ont de cesse à comparer la situation ukrainienne à la question turque, aussi absurde que cela puisse être. Ces deux pays entretiennent certes des relations fortes d'échanges, mais il n'existe aucun motif pour subordonner l'avenir de l'un à celui de l'autre, si ce n'est une pure question de calendrier diplomatique. La population des pays de l'Union est favorable à une adhésion de l'Ukraine, pays dont le caractère européen ne souffre d'aucune contestation possible. Dès lors, l'on ne peut qu'amèrement regretter la position effrayée de l'Union européenne qui n'est qu'une démonstration supplémentaire des technocrates et même des députés de l'UE de leur totale incompréhension de l'aspiration des peuples. Désorientés par le refus du projet de constitution, ils semblent être saisis d'une sorte de paralysie. Incapables de comprendre la volonté de la population, ils se recroquevillent ainsi avec détermination sur l'idée de devoir reconstruire l'organisation même de l'UE avant de se projeter dans tout nouveau débat d'avenir. Les problèmatiques de gestion à vingt-cinq après l'intégration des PECO prennent l'ascendant sur les questions politiques alors que c'est justement ce que réclament les citoyens! L'Europe se trouve en panne sèche du fait d'une déconnection absolue entre les peuples et ses élites. Et cette fracture ne fait que s'accentuer, neutralisant tout espoir d'initiative. Finalement, la question de l'Ukraine n'est rien de plus qu'un cruel révéltateur car elle exige de savoir rebondir en imaginant l'avenir, en considérant enfin cette Europe comme étant un espace de vie citoyenne et non seulement un marché.

Une formidable opportunité s'offre donc, par défaut, à l'Ukraine. Le pays est en passe d'occuper une place centrale au niveau géopolitique sur le continent européen. Ses liens étroits hérité du passé avec la Russie et son rapprochement de l'Union euroépenne lui confèrent une position extrêmement enviable en n'étant finalement rien de moins que l'Etat fédérateur d'une nouvelle entité qu'il faudra de toute façon songer à bâtir dans les prochaines décennies: la grande Europe. L'Union européenne seule ne pourra résister à la pression internationale avec la poursuite du développement des nations émergentes telles que la Chine et l'Inde. Malmenée par la puissance économique américaine, l'essor technologique nippon puis la vitalité de l'économie coréenne, l'Union européenne devra se trouver de nouveaux alliés pour atteindre une dimension susceptible de lui préserver une identité. A ce titre, l'intégration des PECO était nécessaire mais ne suffira pas.

De son côté, la Russie devra également compenser la perte de ses territoires satellites. Le cas de la Bélarussie a permis de démontrer que Moscou préserve son influence à ses frontières, mais les vélléités de liberté exprimées par le peuple bélarusse lors des présidentielles de mars finiront tôt ou tard à faire tomber cette dictature anachronique, vestige d'un autre temps. Ce n'est qu'une question de temps. Viendra alors le moment d'effectuer un rapprochement franc entre Moscou et Bruxelles, idée qui a d'ailleurs déjà été amorcée puisque les initiatives de collaboration se multiplient dans les discours.

Les générations actuelles ne verront peut-être pas ce grand dessein se réaliser, faute à l'homme de savoir dépasser l'horizon de sa propre existence pour se projeter dans le sens de l'histoire. De tous temps il a fallu des leaders d'exception pour oser bousculer l'ordre établi des choses et proposer un projet visionnaire favorisant l'émergence de grands projets. La grande Europe n'est pourtant pas une idée récente. C'est celle de l'Atlantique à l'Oural. Peu d'acteurs réussissent pourtant outrepasser la bienséance diplomatique pour défendre sur la place publique une telle ambition, certes vaste mais terriblement humaine. Sauf que cette utopie est devenue nécessaire à l'heure de la mondialisation. Il est peut-être temps de réveiller l'Europe et sa jeunesse pour entreprendre cette construction d'avenir.

J'en appelle à toutes les personnes de bonne volonté, jeunes et anciens, habitant des pays de l'Union européenne et de l'extérieur, pour réaliser ensemble ce vaste projet...

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18 mars 2006

union européenne

Elargissement: le Parlement freine

Le rapport du conservateur Elmar Brok demande à fixer les frontières de l'Union. Car la «capacité d'absorption» atteindrait ses limites, selon certains.

Jusqu'ici favorables au processus d'élargissement, les députés européens ont massivement adopté, jeudi, le rapport du conservateur chrétien Elmar Brok qui demande à la Commission de définir d'ici la fin de l'année les frontières géographiques de l'Union. Un véritable virage idéologique est donc en cours. Le rapporteur avait expliqué que «l'Union européenne n'est pas prête à d'autres élargissements car elle ne dispose pas de constitution». «Et avant qu'elle ne s'en dote, avait-il poursuivi, il faut qu'elle approfondisse l'intégration des nouveaux pays et définisse une véritable politique d'élargissement». Une position qui irrite certains ressortissants des nouveaux pays. Le Polonais Bronislaw Geremek, a ainsi déclaré que «les frontières de l'Union ne sont ni géographiques, ni culturelles mais «actions-logiques». Ce qui veut dire que, selon lui, il ne s'agit pas de définir une grille préétablie dans laquelle rentre ou ne rentre pas tel ou tel pays mais d'aller dans le sens des événements de l'histoire. Les Polonais qui ont joué un rôle clé dans la révolution orange en Ukraine, sont très impliqués dans la politique est-européenne de l'Union. Favorables à l'adhésion de Kiev, ils verraient d'un bon oeil une éventuelle candidature biélorusse le jour où ce pays sera devenu fréquentable. «Il est vrai que le rapport Brok n'ouvre pas la porte à d'autres élargissements mais il ne la ferme pas non plus», s'est consolé le conservateur polonais Jack Sariusz-Wolski.

Evoqué lors du conseil européen de décembre 2004, où fut négociée l'ouverture des négociations avec la Turquie, le concept de «capacité d'absorption» réapparaît dans le rapport Brok. Selon Geremek, le seuil supportable dans les conditions fixées par la Traité de Nice sera atteint avec l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie. «L'adhésion de la Croatie nécessitera un nouveau traité constitutionnel», poursuit-il. Le chrétien démocrate allemand Berndt Posselt concède que l'Ukraine, le Belarus et la Moldavie ont une vocation européenne mais il affirme par ailleurs que l'Union doit être capable de maîtriser le processus.

Après le vote, les eurodéputés ont précisé que le texte ne concernait pas la Croatie. Pour la Turquie, Elmar Brok refuse que l'on pense qu'il la met d'office hors jeu. Toutefois, au nom du principe de «capacité d'absorption», il introduit l'idée d'un refus final même si les critères d'adhésion ont été remplis par le pays candidat. En contrepartie, il suggère «un autre modèle de partenariat qui serait de faire partie de l'espace économique européen, à l'instar de la Norvège». Le commissaire finlandais à l'élargissement, Olli Rehn, a quant à lui mis en garde les eurodéputés contre tout message négatif à l'égard des Balkans occidentaux qui ont reçu un engagement solennel des ministres des Affaires étrangères des 25, réunis à Salzbourg la semaine dernière. «On sait en effet combien l'absence de perspective européenne pourrait déstabiliser cette région ultra sensible».

Source: http://www.lalibre.be

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15 mars 2006

Sondage en Europe 2

Les Européens et l'adhésion de l'Ukraine
à l'Union européenne

TNS a réalisé la 2e vague d'un sondage sur l'adhésion de l'ukraine à l'Union Européenne pour le compte de Yalta European Strategy (YES).

La 1ère vague menée en mars 2005, a démontré qu'une majorité de citoyens de 6 pays européens (France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne et Grande-Bretagne) représentant 75% de la population européenne sont globalement en faveur de l'adhésion de l'Ukraine. Les répondants expliquent leur soutien à la candidature de l'Ukraine par le sentiment que ce pays fait géographiquement, historiquement et culturellement partie de l'Europe.

La seconde vague a été menée en novembre 2005, dans les 6 pays de la première enquête, plus l'Ukraine. Le soutien à l'élargissement est en baisse dans les 6 pays interrogés. Ce soutien a diminué en qui concerne l'intégration de l'Ukraine, mais aussi celui de la Turquie, du Maroc et de la Russie. La population de ces pays continue cependant de soutenir l'idée d'une intégration à l'UE.

L'Ukraine est maintenant le candidat favori dans chacun des pays de l'enquête. En Ukraine, il y a une minorité de soutien à cette intégration, qui regroupe cependant un peu moins de 50% de la population, en raison du grand nombre de sans réponses à la question..

Malgré les bouleversements politiques qui ont secoué l'Union Européenne et l'Ukraine, les Européens maintiennent leur soutien à l'idée d'une intégration de l'Ukraine à l'UE

51% des Européens se disent favorables à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE. (-4 point depuis mars 2005). Après 6 mois difficiles pour l'Union européenne (rejet du Traité sur la Constitution par la France et les Pays-Bas) et l'Ukraine (répercussions de la Révolution Orange), la tendance est à une forte baisse du soutien à l'élargissement de l'UE dans les 6 pays de l'enquête, quel que soit le pays concerné. L'Ukraine perd 4 points ; la Turquie et la Russie, 5 points chacune et le Maroc, 4 points.

La diminution du soutien à l'intégration de l'Ukraine est donc davantage le fruit d'une attitude mitigée des Européens envers le principe d'un élargissement que le résultat d'une animosité dirigée contre l'Ukraine.

L'Ukraine est maintenant le pays favori pour un élargissement de l'UE. Dans l'ensemble des pays de l'enquête, la majorité de la population (51%) est favorable à son adhésion. Comme en mars 2005, le soutien le plus fort se trouve en Pologne (64%) et le plus faible en Allemagne (40%, soit autant que pour la Russie).

La Pologne, pays frontalier de l'Ukraine, pro-européen et nouvellement intégré à l'Europe, demeure le pays le plus favorable à l'ouverture de l'Union à de nouveaux membres. Cela, même si c'est le pays où la chute de soutien est la plus forte (-13 point pour l'intégration de l'Ukraine, -12 points pour celle de la Russie et -11 pour la Turquie).

En mars 2005, les hommes, les jeunes et les personnes les plus éduquées et/ou d'un statut social plutôt élevé sont les catégories les plus favorables à l'idée générale d'un élargissement de l'UE.

La volonté des Européens d'ouvrir des négociations avec l'Ukraine n'est pas entamée par les récents événements politiques qui ont touché l'Europe

52% des Européens des 6 pays se disent favorables à l'ouverture de négociations avec l'Ukraine (39% favorables à l'ouverture de négociations avec l'Ukraine et la Turquie, 13% avec l'Ukraine seule). Bien qu'ayant perdu 5 points par rapport à mars 2005, ce niveau n'est pas lié spécifiquement à l'Ukraine, mais à l'idée même d'élargissement. L'Ukraine et la Turquie ne semblent pas en compétition l'une par rapport à l'autre dans l'esprit des Européens des six pays.

En effet, si l'on détaille la question du soutien à l'adhésion, on observe que 60% des Européens ont une opinion identique concernant l'Ukraine et la Turquie (33% d'opinions positives pour les deux pays, 27% d'opinions négatives). Seuls 22% des Européens des 6 pays ont une opinion différente concernant ces deux pays (16% sont ne faveur de l'Ukraine seulement, et 6% en faveur de la Turquie uniquement). Cela signifie que les Européens ont d'abord tendance à raisonner en termes de soutien ou d'opposition à l'élargissement d'une façon globale. Les différences entre pays n'entrent en ligne de compte que dans un second temps, et alors cela tourne plutôt à l'avantage de l'Ukraine.

Les Européens affirment clairement l'appartenance de l'Ukraine à l'Europe, ainsi que les Ukrainiens eux-mêmes

Au global, « l'Ukraine fait partie de l'Europe » est toujours cité comme l'argument numéro 1 en faveur de l'accession de l'Ukraine à l'Union européenne (38% de citation parmi les Européens favorables à l'adhésion de l'Ukraine). Il occupe le 1er rang en Pologne, Italie, Espagne et au Royaume-Uni. Et le 2ème en Allemagne et en France, où il est devancé par « le renforcement de la démocratie ». Cet argument arrive en 2ème position au global (34%), devant « les échanges économiques » (29%) et « l'encouragement à un pays qui a pris des risques vis-à-vis de la Russie » (24%).

En Ukraine, « le boom des échanges économiques » est clairement cité en tête des arguments pour l'adhésion de l'Ukraine à l'UE (soit 59% des répondants ukrainiens favorables à l'adhésion).

Fait encore plus significatif, l'argument « L'Ukraine fait partie de l'Europe » occupe le 2ème rang avec un niveau élevé de citation (45%, parmi les Ukrainiens pro-adhésion). Un niveau plus élevé que dans les 6 pays testés au global (38%). Il y a donc un réel sentiment européen parmi la population ukrainienne qui rivalise avec celui des Européens eux-mêmes.

Les arguments de nature politique constituent le socle des arguments anti-adhésion de l'Ukraine. 1er des arguments cités par les opposants à l'adhésion de l'Ukraine : « le pays a encore beaucoup d'efforts à faire en matière de démocratie » (38%). Cependant, contrairement à mars 2005, le 2ème ne concerne pas l'économie, mais l'idée d'élargissement. L'item “Je suis opposé à l'élargissement de l'Union européenne à de nouveaux pays” arrive en 2ème position (34% des réponses parmi ceux qui ne sont pas favorables à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE).

En Ukraine, la liste des arguments cités est légèrement différente. Néanmoins, leur rang est inversé par rapport à celui des 6 autres pays. Les préoccupations économiques (« L'accession de l'Ukraine nécessiterait des réformes d'un coût économique et social trop élevé ») arrivent au 1er rang (56% des réponses). « La nécessité d'apaiser la Russie » vient en 2ème position, suivie par « L'Ukraine ne fait pas partie de l'Europe ». Le renforcement de la démocratie en Ukraine – première des conditions d'adhésion de l'Ukraine à l'UE aux yeux des 6 autres pays – se place en 4ème position seulement, (13%).

Les Européens pensent que l'adhésion de l'Ukraine deviendra une réalité avant l'émergence d'une nouvelle génération

La question relative à l'appartenance géographique, historique et culturelle de l'Ukraine à l'UE a été retirée au profit d'une question portant sur le délai de l'adhésion de l'Ukraine. Relevons d'abord le fait que le pourcentage des ne sait pas/sans réponse est assez élevé (21% pour les 6 pays, 31% en Ukraine). Cela peut s'expliquer par le fait qu'il s'agit d'une question délicate : donner une réponse réaliste nécessite une perception claire du processus d'adhésion et de ses contraintes temporelles.

Un certain nombre de répondants a ainsi pu penser que leur compétence en matière de processus d'adhésion à l'UE était insuffisante pour leur permettre de donner une réponse s'inscrivant dans une estimation de durée réaliste.

Cela dit, 51% des répondants dans les 6 pays estiment que l'adhésion de l'Ukraine se concrétisera dans les 10 prochaines années. Seulement 8% pensent qu'elle n'en fera jamais partie – un résultat qui montre combien l'idée de l'inéluctabilité de l'adhésion de l'Ukraine à l'UE semble ancrée dans les esprits.

De même, on peut noter que ceux qui ne sont pas favorables à l'adhésion de l'Ukraine ne jugent pas nécessairement que l'Ukraine ne fera jamais partie de l'UE. Soit la plupart d'entre eux renvoient l'adhésion à un horizon éloigné (pas avant 15 ou 20 ans), soit ils ne répondent pas ou ne savent pas. C'est particulièrement frappant en Pologne où seulement 9% des opposants à l'adhésion de l'Ukraine jugent qu'elle ne fera jamais partie de l'Europe, alors que 33% d'entre eux jugent qu'elle n'en fera pas partie avant 15 ou 20 ans et 22% ne prennent pas position.

42% des Ukrainiens estiment que leur pays rejoindra l'UE dans les 10 ans qui viennent (pour 51% dans les 6 pays interrogés). Au total, seulement 55% d'entre eux pensent que leur pays fera partie de l'UE un jour ou l'autre, pour 71% dans les 6 autres pays. C'est encore une fois en Ukraine que la part de ceux qui estiment qu'elle ne fera jamais partie de l'UE est la plus élevée (14%, pour 6% dans les 6 pays).

Cettre circonspection est à mettre en relation avec l'argument n°1 contre l'adhésion (son coût économique et social élevé, 56% des réponses parmi les opposants). Cela montre bien que certains Ukrainiens ne sont pas encore pleinement convaincus des bénéfices que pourrait leur apporter l'adhésion de leur pays à l'UE. C'est en s'occupant particulièrement de ce point que l'on pourrait faire évoluer l'opinion des catégories « timorées » (à savoir la minorité russe, les populations des régions Est et Sud de l'Ukraine, les personnes âgées) et prouver que leur défiance à l'égard de l'adhésion n'est pas irréversible.

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Sondage en Europe 1

1er sondage

A la demande de Yalta European Strategy, TNS Sofres a coordonné une étude dans six pays (France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne et Royaume-Uni) afin d'étudier l'opinion des Européens sur l'éventualité de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne. Notre étude montre que les habitants des six pays du dispositif sont dans l'ensemble favorables à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union. Plus frappant encore, une majorité des interviewés expriment même le souhait que l'on ouvre des négociations sur l'adhésion de l'Ukraine.

Les Européens dans leur ensemble sont favorables à l'adhésion de l'Ukraine

Sur l'ensemble des six pays considérés, le principe d'une adhésion de l'Ukraine (si celle-ci remplit toutes les conditions nécessaires) est favorablement perçu : 55% des Européens se déclarent pour, contre 31% qui sont contre. C'est d'ailleurs l'Ukraine qui recueille le plus d'opinions positives quant à son éventuelle adhésion, par comparaison notamment avec la Turquie, qui est pourtant engagée dans un processus officiel de négociations, à la différence de l'Ukraine. L'entrée de la Turquie dans l'Union partage les Européens entre 45% qui sont pour et 43% qui s'y opposent. 50% sont pour l'adhésion de la Russie (38% sont contre), et seulement 35% pour celle du Maroc (50% sont contre). 

C'est sans surprise en Pologne que l'opinion est la plus favorable à l'adhésion de l'Ukraine. Dans ce pays limitrophe, pro-européen et de surcroît nouvellement entré dans l'Union, 77% des personnes interrogées sont favorables à l'adhésion de l'Ukraine, dont 31% se déclarant « tout à fait favorables ». L'Italie et l'Espagne accueillent également positivement cette éventualité, respectivement à hauteur de 62% et 60%, même si pratiquement un tiers des Espagnols ne se prononcent pas, peut-être par manque d'intérêt pour les questions européennes. La France et le Royaume-Uni sont plutôt favorables à l'adhésion de l'Ukraine, avec respectivement 58% et 49% des réponses allant dans ce sens, malgré 24% de non-réponses au Royaume-Uni.

En revanche, l'Allemagne est le seul pays où l'opinion est majoritairement contre l'adhésion de l'Ukraine, puisque 53% des Allemands y sont défavorables, - dont 19% qui se disent « tout à fait défavorables » - contre 41% favorables : la polémique actuelle sur les visas peut sans doute contribuer à expliquer ce résultat. 

Les jeunes, les diplômés et les hommes sont plus favorables
à l'adhésion de l'Ukraine
 

L'âge, le niveau de diplôme et le sexe apparaissent comme des variables assez structurantes de l'opinion des Européens sur l'adhésion de l'Ukraine, mais également des autres pays. Les jeunes, et particulièrement les 18-24 ans, tendent à être plus favorables à l'adhésion de nouveaux pays que les personnes plus âgées, notamment celles qui ont 65 ans ou plus. Le cas de la France illustre bien ce lien, puisque 69% des 18-24 ans se prononcent en faveur de l'adhésion de l'Ukraine, pour 50% des 65 ans et plus. A cet égard, l'Allemagne se démarque des cinq autres pays considérés, puisque ce sont les Allemands les plus âgés qui sont les plus favorables à l'adhésion de l'Ukraine, alors que les jeunes sont en majorité contre. Enfin, d'une manière générale, les femmes sont nettement plus réservés que les hommes sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Europe.

Dans tous les pays, les opinions positives sur l'élargissement sont également liées au niveau de diplôme. Plus les Européens sont diplômés, plus il apparaît qu'ils sont favorables à l'adhésion des autres pays, notamment de l'Ukraine. La position sur l'échelle sociale est un facteur qui influence aussi de manière assez nette les opinions favorables à l'adhésion de l'Ukraine : les opinions en faveur de l'adhésion de l'Ukraine augmentent avec le niveau social des interviewés. 

Une volonté affirmée d'ouvrir les négociations avec l'Ukraine

La décision de l'Union Européenne de négocier avec la Turquie pour son éventuelle adhésion, et de refuser l'ouverture de discussions avec l'Ukraine suscite une incompréhension, voire un sentiment d'injustice dans une opinion européenne favorable à l'adhésion de ce pays. Ainsi, 43% des répondants sur les six pays considèrent que l'Union devrait négocier avec les deux pays pour leur adhésion, et 14% pensent même qu'elle ne devrait négocier qu'avec l'Ukraine. En revanche, 9% seulement jugent que la Commission européenne ne devrait négocier qu'avec la Turquie, et 20% avec aucun de ces deux pays. Au total, c'est donc 57% des habitants des six pays interrogés qui expriment le souhait de voir s'ouvrir les négociations avec l'Ukraine. La Pologne apparaît encore en tête des pays favorables à l'élargissement, puisque 51% des Polonais sont favorables aux négociations avec les deux pays, et 22% avec l'Ukraine seulement. Les Allemands qui sont les moins favorables à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union sont toutefois plus d'un tiers à vouloir entamer les discussions avec les deux pays, et 12% avec l'Ukraine seulement. A contrario, 31% d'entre eux refusent d'ouvrir les négociations avec les deux pays et 16% approuvent la décision de la commission de n'avoir entamé les négociations qu'avec la Turquie. 

L'appartenance de l'Ukraine à l'Europe justifie son adhésion

Sur l'ensemble des pays, c'est le fait que l'Ukraine fasse partie de l'Europe qui justifie le plus le fait d'être en faveur de son intégration dans l'Union. 39% des interviewés en faveur de cette adhésion citent cet argument, qui est particulièrement prégnant en Pologne (50% de réponse), mais également en Italie (43%) et en Espagne (38%). Le renforcement de la démocratie en Ukraine qui découlerait d'une entrée dans l'Union est également un argument fort pour les partisans de l'adhésion qui sont, sur les six pays, 36% à le citer. Les Allemands en font également leur motif principal pour l'entrée de l'Ukraine (44% de citations). Enfin, le développement des échanges économiques avec l'Ukraine et la volonté d'encourager les Ukrainiens en raison des risques qu'ils ont pris vis-à-vis de la Russie en se rapprochant de l'Union sont également cités, à un niveau moindre cependant (respectivement 27% et 26% de citations). Par contre, le lien entre l'éventuelle adhésion de la Turquie et celle de l'Ukraine n'est pas évident, puisque seulement 17% des partisans de l'entrée de l'Ukraine pensent qu'il n'y a pas de raison d'envisager l'entrée de la Turquie et de refuser celle de l'Ukraine. Les deux problèmes semblent bien distincts, même si en Allemagne, cet argument est cité par 24% des partisans de l'adhésion de l'Ukraine.

Les arguments des opposants à l'adhésion de l'Ukraine sont avant tout politiques et économiques. Les deux raisons les plus fréquemment citées par les opposants à l'adhésion de l'Ukraine pour justifier leur position sont d'abord les efforts que l'Ukraine devrait - selon eux - encore accomplir en matière de démocratie (40% des citations), et le fait que sa situation économique risquerait de peser sur l'Union (36% des citations). Enfin, 31% des opposants à l'adhésion justifient leur position par le fait qu'ils sont contre l'élargissement en général : ils ne sont donc pas spécifiquement opposés à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union, mais à celle de tout nouveau candidat à l'adhésion. En revanche, 21% des opposants à l'adhésion estiment que l'Ukraine ne fait pas partie de l'Europe : c'est donc un opposant sur cinq uniquement qui justifie sa position en prétextant que l'Ukraine n'appartient pas à l'Union. L'argument selon lequel il faut ménager la Russie est plus marginal (11%).

Si une partie non négligeable des Européens s'oppose à l'adhésion de l'Ukraine, les raisons les plus citées pour expliquer leur position (la question de la démocratie et la dimension économique) indiquent peut-être que ces opposants pourraient changer d'opinion s'ils avaient le sentiment que des progrès substantiels étaient effectués dans ces domaines. Leur opposition à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne n'est peut-être pas irréversible.

L'Ukraine fait partie de l'Europe par sa géographie, son histoire et sa culture

En définitive, cet élan des Européens en faveur de l'adhésion de l'Ukraine est compréhensible étant donné que dans leur ensemble, ils considèrent que l'Ukraine fait partie de l'Europe par sa géographie, son histoire et sa culture : 58% s'accordent sur cette affirmation sur l'ensemble des six pays, contre 27% qui pensent le contraire. Les Polonais l'approuvent très majoritairement (88%), ainsi que les Français (63%), les Espagnols (60%), et dans une moindre mesure les Italiens. Les habitants du Royaume-Uni, sont moins enclins à considérer l'Ukraine comme une entité géographique, historique et culturelle européenne (44%, contre tout de même 27% qui estiment le contraire). Le fort taux de non-réponses (29%, qui approche les proportions du « non ») relativise toutefois ces résultats. Enfin, si plus d'un Allemand sur deux pense que l'Ukraine fait partie de l'Europe, ils sont cependant 39% à n'être pas d'accord avec cette opinion. 

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10 mars 2006

Un référendum?

Iouchtchenko : un référendum sur l'adhésion à l'OTAN et à l'UE

Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko s'est prononcé pour la tenue d'un référendum national sur l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et à l'Union européenne.

"Tout le monde sait que sans un référendum personne n'acceptera d'entrer dans l'OTAN, ni dans l'Union européenne, ni dans n'importe quelle autre institution internationale où l'adhésion nécessite l'approbation de la population", a-t-il indiqué devant les étudiants de l'Université d'Etat Taras Chevtchenko.

Cela étant, le chef de l'Etat a invité les forces politiques ukrainiennes à ne pas spéculer sur l'adhésion à l'OTAN avant les législatives.

Source : http://fr.rian.ru

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