09 mars 2006
Sida HIV
Ukraine: les efforts de lutte contre le SIDA entravés par les atteintes aux droits de l'homme
(Kiev, le 2 mars 2006) –Les efforts considérables déployés par le gouvernement ukrainien pour combattre la pire épidémie de VIH/SIDA en Europe sont entravés par son incapacité à mettre fin aux actes répétés de violence et de discrimination à l'égard des personnes qui risquent le plus d’être infectés, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.
Le rapport de 84 pages, « Rhetoric and Risk: Human Rights Abuses Impeding Ukraine’s Fight Against HIV/AIDS » (Rhétorique et risque: Les atteintes aux droits de l'homme entravent la lutte de l'Ukraine contre le VIH/SIDA), expose la façon dont les lois draconiennes et les mauvais traitements infligés couramment par la police aux utilisateurs de drogues par injection – la population touchée le plus durement par le VIH/SIDA en Ukraine – les empêche de recevoir l'information et les services relatifs au SIDA que le gouvernement s'est engagé à fournir.
Basé sur les témoignages de première main en Ukraine de douzaines de personnes affectées par le VIH/SIDA ou présentant le risque le plus élevé d'infection, le rapport met aussi en évidence la façon dont ils sont régulièrement confrontés à la discrimination de la part de membres du personnel soignant, qui refusent parfois même de prodiguer tout soin.
« Les mesures relatives au VIH/SIDA que l'Ukraine a mises en place sont généralement bonnes », a indiqué Rebecca Schleifer, chercheuse auprès du programme VIH/SIDA de Human Rights Watch. « Mais jusqu'à ce que le gouvernement confronte la maltraitance chronique de personnes présentant le risque le plus élevé de VIH/SIDA, il n'aura qu'un faible espoir d'endiguer son épidémie de VIH ».
La loi nationale de l'Ukraine sur le SIDA, reconnue comme un modèle dans la région, intègre des protections relatives aux droits de l'homme pour les personnes affectées par le VIH/SIDA. Ces protections comprennent des provisions spécifiques interdisant le refus de soins médicaux sur la base du statut VIH, et garantissant l'accès à la médication appropriée, le droit à l'information sur le VIH/SIDA ainsi que la confidentialité des résultats du test du VIH. La loi nationale et la politique de ce pays appuient les échanges de seringues et la thérapie de substitution opiacée que l'Organisation Mondiale de la Santé et UNAIDS (le Programme de l'ONU contre le SIDA) ont sanctionnés en tant qu'éléments essentiels des stratégies visant la prévention du VIH et des soins prodigués aux utilisateurs de drogues.
Toutefois, Human Rights Watch a constaté que les pratiques abusives, les régulations problématiques et l'incapacité à appliquer des provisions critiques des politiques nationales relatives au SIDA rendent ces protections futiles pour la plupart des Ukrainiens vivant avec le VIH ou présentant le risque le plus élevé d'infection.
Les mauvais traitements infligés par la police, qui équivalent parfois à de la torture, empêchent les utilisateurs de drogues d'accéder aux services basiques de prévention du VIH comme l'échange de seringues, en contradiction directe avec la politique gouvernementale appuyant de tels services. En raison de la criminalisation de la possession de quantités même infimes de drogues à usage personnel, les utilisateurs de drogues sont des cibles faciles pour les policiers cherchant à remplir des quotas d'arrestations. La police extorque aussi de l'argent et de l'information aux consommateurs de drogues, utilisant parfois la simple possession de seringues comme excuse pour harceler ou arrêter ces personnes ou les travailleurs sociaux leur prodiguant des services. Des projets d'amendements aux lois de l'Ukraine relatives au drogues, qui criminaliseraient la possession de quantités de drogues encore inférieures à celles actuellement prohibées, menacent d'exacerber ces abus.
Les pratiques discriminatoires des membres du personnel soignant envers les personnes dont ils savent qu’elles sont atteintes ou présumées infectées par le VIH/SIDA compromettent sérieusement la santé des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Human Rights Watch a découvert que le personnel médical refusait fréquemment de traiter de tels patients. Ils violent aussi régulièrement le secret professionnel exposant ainsi les personnes vivant avec le VIH/SIDA à d’autres discriminations et abus. Par conséquent, beaucoup de ces personnes évitent de se faire dépister pour le VIH par peur que leur statut de VIH positif, si tel est le cas, ne soit rendu public.
La thérapie de substitution n’atteint seulement qu’une fraction des utilisateurs de drogues injectables qui auraient besoin de cette thérapie. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, au moins 60 000 utilisateurs de drogues ont besoin de cette thérapie de substitution mais aujourd’hui, seulement 200 places de traitement sont disponibles. Cette incapacité d’assurer aux utilisateurs de drogues l’accès complet à des services de prévention et de traitement du VIH – y compris la thérapie de substitution avec la méthadone, qui est légale en Ukraine – entravent sérieusement les efforts déployés pour combattre aussi bien le SIDA que la consommation de drogues.
Les cliniques de désintoxication doivent selon la loi, inscrire tout utilisateur de drogue qui leur est envoyé pour être traité, et partager ces informations avec les agences du maintien de l’ordre. Cette pratique dissuade de nombreux consommateurs de drogues de chercher de l’aide médicale ou des services de désintoxication, par peur que leur consommation de drogues ne soit communiquée aux services de l’ordre.
Les médicaments antirétroviraux ne sont disponibles que pour un très petit pourcentage des personnes ayant besoin de tels traitements. Jusqu'à 416 000 personnes – soit 1,7 % de la population adulte ukrainienne – sont infectées par le VIH/SIDA en Ukraine. En 2004, avec l’aide du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, l’Alliance Internationale contre le VIH/SIDA a lancé un programme antirétroviral en Ukraine pour traiter les personnes atteintes du VIH/SIDA. Entre les mois d’avril 2004 et décembre 2005, plus de 2 600 personnes ont commencé un traitement antirétroviral grâce à ce programme. Bien que ce programme ait été reconnu comme le traitement ayant eu la plus rapide expansion en Europe de l’est, il n’atteint toujours qu’une petite fraction des 17 300 personnes ayant un besoin urgent de ce traitement.
« Les programmes ambitieux de l’Ukraine contre le VIH/SIDA ne réussiront que si le gouvernement élimine les pratiques abusives qui en entravent sa prévention et ses efforts de traitements », a ajouté Schleifer. « Protéger les droits de l’homme est essentiel si l’Ukraine espère élargir l’accès au traitement antiviral sur une échelle appropriée ».
Human Rights Watch a exhorté l’Ukraine de respecter le droit des personnes infectées par le VIH/SIDA et des utilisateurs de drogues d’obtenir des services médicaux sans avoir peur d’être maltraités, frappés d’ostracisme, ou que leur secret médical ne soit pas respecté par le personnel médical.
Le gouvernement ukrainien devrait élargir et améliorer la gamme des services pour le VIH aux utilisateurs de drogues, en y incorporant l’échange de seringues et une thérapie de substitution avec la méthadone. Il devrait aussi former de manière adéquate les membres des forces de l’ordre ainsi que les professionnels de la santé sur le VIH/SIDA, une meilleure protection des utilisateurs de drogues et sur l’utilisation plus sûre de drogues. En dernier lieu, il devrait investir dans des programmes d’information du public pour permettre à tout ukrainien d’avoir accès à une information scientifiquement prouvée sur le VIH/SIDA.
Source: http://hrw.org (Human rights watch)
06 mars 2006
VIH/SIDA
L'Ukraine lutte contre la propagation de l'infection au VIH/SIDA
ODESSA, 7 mai 2004- Alors que l'Ukraine n'a pas achevé son passage d'un ancien Etat soviétique à une société moderne, ce pays est devenu l'un des épicentres en Europe de l'épidémie de VIH/SIDA, avec un nombre de personnes touchées par le virus qui augmente chaque jour. Situé à un carrefour stratégique entre les fournisseurs asiatiques et les consommateurs d'Europe de l'Ouest, le port ukrainien d'Odessa, sur la mer Noire, est un point d'entrée essentiel pour les drogues. L'important trafic de drogue a fortement amplifié l'incidence de l'épidémie de VIH/SIDA dans le pays, aggravant les problèmes politiques, économiques et sociaux. Selon l'ONUSIDA, des enquêtes indiquent qu'il y aurait jusqu'à 600 000 usagers de drogue par injection en Ukraine ; la plupart d'entre eux sont des jeunes.
En 2002, les taux d'infection au VIH ont été les plus élevés d'Europe de l'Est et parmi ceux qui augmentent le plus rapidement. La propagation du VIH a pour cause l'usage de drogue par injection et les rapports sexuels non protégés chez les jeunes (ce dernier facteur étant d'une importance moindre mais grandissante). Les cas de transmission de parent à l'enfant ont monté en flèche. Aujourd'hui, les femmes constituent 40 pour cent des personnes infectées au VIH/SIDA en Ukraine. Environ 97 pour cent des enfants séropositifs ont été infectés par leur mère.
Il y a dans le pays de plus en plus de centres sociaux où l'on lutte contre les effets du VIH. L'un d'entre eux, le Way Home Centre, créé en 1996, est le premier à avoir été ouvert à Odessa et le plus fréquenté de cette ville. Selon Natalya Kitsenko, le pharmacien du Way Home Centre, l'éducation joue un rôle déterminant dans la lutte contre l'épidémie. « Les gens doivent comprendre qu'il existe déjà aujourd'hui des médicaments susceptibles de ralentir la vitesse de propagation du virus dans l'organisme. Afin d'obtenir ces médicaments, il faut aller dans une polyclinique et passer des tests. Mais nos usagers de drogue ont tendance à éviter cela. Ils ne vont pas à l'hôpital. L'un des buts principaux de notre programme de promotion est d'expliquer qu'il est possible aujourd'hui de prolonger la vie .Pour cela, il est nécessaire de consulter un médecin et de se faire tester. » Néanmoins, l'opprobre social associé à l'infection au VIH/SIDA a la vie dure. Un bon nombre d'usagers de drogue craignent de demander de l'aide. Rares sont ceux qui affrontent la maladie.
Lera Maksimova, une ancienne vedette de l'équipe nationale de handball, mère d'une petite fille de cinq ans, fait partie de ces derniers. Lera, qui est âgée de 27 ans, est séropositive. Elle a commencé très jeune à se droguer par injection et elle a été infectée par le VIH alors qu'elle n'avait que 18 ans. Traumatisée par son passé, Lera a rejoint le centre Life+ afin d'aider les enfants vivant avec le VIH/SIDA et d'offrir des conseils à leurs parents. Pour Lera, ce travail-le premier qu'elle ait jamais eu-s'est révélé être une expérience qui a changé sa vie. « J'ai vu ces petits gamins, qui n'étaient en rien différents de ceux qui bénéficient d'une bonne santé, et j'ai pensé à ma fille. Elle est comme eux, malade également, et je les ai regardés et j'ai été bouleversée-leurs parents refusent de leur donner des médicaments ou bien ils ne se préoccupent pas de leur sort parce qu'ils sont en train de se shooter ou de boire-et alors je me suis demandée : si je ne le fais pas, qui le fera ? »
Selon Jeremy Hartley, Représentant de l'UNICEF en Ukraine, le combat de ce pays contre le VIH/SIDA commence à porter ses fruits. Et Hartley estime qu'il y a des raisons d'espérer. « En ce qui concerne la prévention de la transmission du VIH de la mère au nouveau-né, l'Ukraine a obtenu de beaux succès. A présent, plus de 90 pour cent des femmes enceintes séropositives reçoivent un traitement antirétroviral, tout comme leur enfant à la naissance, et le récit de cette réussite est transmis à d'autres pays, en espérant que cela leur permettra de reproduire l'expérience. » L'UNICEF apporte son soutien à tous les efforts du Gouvernement ukrainien en matière de prévention de la transmission du VIH de parent à l'enfant. Ces interventions font partie également des programmes gouvernementaux de prévention du SIDA et de promotion de la santé de la procréation.
Source: http://www.unicef.org/french
05 mars 2006
Sida
Sida
Russie/Ukraine/Estonie : Selon le Programme de Développement des Nations Unies (17 février 2004), la progression du sida en Europe de l’est est particulièrement inquiétante : c’est l’une des plus rapides au monde. Pour les vingt-huit pays d'Europe centrale et orientale de la CEI, les plus récentes estimations donnent entre 1,2 et 1,8 million de personnes infectées à la fin 2003, contre un million à la fin 2001. Pour les experts de l’ONU, l'épidémie a progressé trop avant pour être vaincue de façon décisive à court et moyen terme.
Source : Science actualité (http://www.cite-science.fr)
